Oui, on peut défendre les droits des internautes dans une économie de marché.

Ancienne bourse à Paris, image CC BY-NC-SA 4.0 par Peazapata 

Nous vivons actuellement en France, beaucoup plus qu’ailleurs, une période d’agitation intellectuelle passionnante, dans les cercles des historiques défenseurs des libertés numériques. Le débat a pris de l’ampleur avec les prises de positions récentes de La Quadrature du Net sur la directive Copyright, quand l’association a pris en juin dernier le contre-pied d’à peu près tous les opposants au texte. Opérant un revirement de doctrine, la Quadrature acceptait pour la première fois l’idée que les grandes plateformes lucratives comme YouTube puissent connaître un régime juridique différencié d’autres hébergeurs, avec des contraintes imposées de régulation des contenus que les « petits hébergeurs » n’auraient pas. La Quadrature expliquait alors vouloir susciter « l’espoir de libérer l’Internet non-centralisé » grâce à un cadre juridique moins contraignant pour ces derniers.

Cette position, renforcée en septembre par une communication presque enthousiaste après le vote de la directive, a créé le trouble. Car pour beaucoup d’observateurs et d’activistes dont les langues ont commencé à se délier, la Quadrature donne là le sentiment d’accepter que les internautes soient en quelque sorte punis d’avoir choisi pour s’exprimer une plateforme centralisée soumise à des incitations de censure, dans l’espoir que cela provoque chez ces internautes l’envie de rejoindre un mouvement d’éclosion de moyens d’expression décentralisée, qui seraient par nature plus libres car non soumis à des objectifs économiques et aux contraintes juridiques associées.

C’est ce qui m’avait fait demander sur Twitter le 26 septembre dernier : « Est-ce qu’aujourd’hui @laquadrature défend les droits fondamentaux des citoyens sur Internet, auxquels cas ils doivent être défendus quel que soit le moyen choisi par l’internaute pour exercer ses droits et libertés ? Ou est-ce que @laquadrature défend un projet politique/économique qu’elle estime être le seul cadre viable pour ces droits fondamentaux, quitte à ne plus les défendre dans un autre cadre ? ».

La réponse que m’avait faite Oncela était en apparence claire (« les deux ») mais la mise en pratique l’était beaucoup moins. Selon moi, pour la simple et bonne raison qu’il est difficile de défendre les deux. Tout projet politique et économique impose des concessions alors que la défense des droits fondamentaux est en principe inconditionnelle.

Je ne sais pas si et dans quelle mesure l’agitation autour de ces débats doctrinaux (d’importance très concrète pour l’efficacité du lobbying) a le moindre rapport avec le départ de son cofondateur Jérémie Zimmermann et à la réorganisation interne de l’association, mais je crois pouvoir dire qu’elle est liée à l’influence intellectuelle croissante de Lionel Maurel (aka « Calimaq ») dont le talent n’a d’égal que sa capacité à produire fréquemment des textes aussi longs qu’argumentés (je dois à la vérité de le jalouser pour ça depuis des années).

Lionel, qui a toujours défendu à travers son blog la libre circulation et la mise en commun des savoirs, en combattant le droit d’auteur privatif au profit du domaine public et des licences libres, a me semble-t-il donné une importance croissante à des clés de compréhension économiques dans ses analyses. Là où peut-être certains ne franchissaient pas (ou pas publiquement) le Rubicon, Lionel n’hésite plus à porter explicitement une analyse globale dans laquelle, selon lui, les libertés individuelles ne peuvent être garanties que dans un cadre non marchand, et donc que tout ce qui s’inscrit dans l’économie de marché est, soit déjà un mal pour les droits et libertés, soit un mal en puissance (mise à jour 10 octobre 9h20 : ne manquez pas le commentaire rectificatif de Lionel, qui y explique une position bien plus subtile que ça). Pour résumer cette pensée : « l’argent corrompt tout ». Ou, pour être plus précis, le système capitaliste visant à accumuler l’argent corrompt tout.

C’est cette pensée et ce débat qu’il illustre bien dans son dernier billet qu’il consacre à Solid, le projet de web décentralisé développé par Tim Berners-Lee. Solid ne trouve pas grâce aux yeux de Lionel Maurel précisément parce qu’il risque la corruption :

J’avoue avoir reçu une douche froide en lisant que si Tim Berners-Lee avait mis en veille ses fonctions au W3C, c’était en réalité pour s’investir dans la société Inrupt, qu’il présente lui-même comme une « start-up » (…)

Quand on cherche un peu, on se rend compte qu’Inrupt a été financée par Union Square Ventures, un pourvoyeur de capital-risque ayant apporté des fonds à des initiatives « alternatives » comme DuckDuckGo, mais possédant aussi des parts dans Foursquare, KickStarter ou même Twitter. Or ce montage financier pose question et aussi pertinente que puisse être la solution technique proposée par Solid, on peut déplorer que Tim Berners-Lee cherche ainsi à rebooter le web sans changer le « logiciel économique » qui a joué un rôle pourtant prééminent dans les dérives qu’il souhaite combattre.

C’est pour la même raison qu’en conférence publique, lorsque Google est évoqué et que quelqu’un cite l’exemple de Qwant en contre-modèle à défendre, Lionel prend ses distances et met en garde sur le fait que Qwant pourrait se faire racheter et oublier ses promesses. Ça me fait toujours bondir (car qui irait acheter une boîte pour tuer ce qui fait sa puissance ?, mais je reconnais à Lionel Maurel une cohérence idéologique. Elle est en quelque sorte la même que ceux qui ne voient de sursaut écologique possible que dans l’abandon du libre-échange, de la consommation de viande, de la procréation et de la quête de croissance économique, quand d’autres espèrent que des Tesla montreront la voie d’un progrès technologique vertueux et que la science parviendra à nous faire inverser la courbe du réchauffement climatique (ou, pour les plus cyniques, à rendre vivable pour les humains une planète qui ne le serait plus pour les autres espèces).

Je mentirais si j’écrivais que les arguments de Lionel qui imprègnent désormais La Quadrature ne me touchent pas, voire qu’ils ne me convainquent pas sur le plan théorique. Je pense que si l’on pouvait, comme il le dit dans le titre de son billet, « rebooter le web », l’application de ses idées ferait un web meilleur (quoique, tous les systèmes ont leurs déviances). J’aimerais croire que c’est possible. Mais j’ai perdu depuis longtemps cette foi dans l’humanité. Je suis devenu très pragmatique.

Il y a une dizaine d’années, je partageais très exactement les idées que défend aujourd’hui Lionel. J’ai fondé Numerama, et surtout avant lui Ratiatum, pour défendre le partage d’œuvres culturelles décentralisé (P2P), et défendre un modèle économique qui le rendrait à la fois légal et viable. L’idée de créer une bibliothèque d’Alexandrie dans laquelle chacun mettrait en commun sa culture, sans aucun rapport marchand discriminant, était ce qui m’excitait le plus. J’ai défendu ces idées pendant des années, et je rêve toujours qu’elles soient possibles. Mais ce n’est plus qu’un rêve.

Pourquoi je n’y crois plus

La réalité m’a rattrapé. J’ai vu à partir du milieu des années 2000 le P2P progressivement s’effondrer, non pas par l’effet de la loi Hadopi ou je ne sais quelle stratégie anti-piratage, mais plus bêtement parce que dans sa grande majorité, le grand public veut ce qui est le plus rapide, le plus facile, au coût le moins élevé. Et donc au P2P décentralisé s’est substitué le téléchargement direct et le streaming, malgré les sites de liens pirates bourrés de publicités qui ont totalement perverti les rêves que les pionniers de Napster et d’eDonkey nourrissaient. Et au streaming buggé, lourd, lent, rempli de pub, se substituent Netflix et Spotify, qui proposent des services de grande qualité à un prix relativement abordable.

Je crois que ce même phénomène de rencontre de l’offre et de la demande explique pourquoi Facebook, Google ou Twitter attirent autant d’utilisateurs. La plateformisation génère, pour le grand public, des avantages que le tout-décentralisé et le non-marchand auront bien du mal à imiter. Mastodon, qui est peut-être ce qui se fait mieux aujourd’hui en décentralisé, reste complexe et sans valeur ajoutée évidente pour les non initiés. PeerTube, qui est son alter égo pour la vidéo en ligne, est très enthousiasmant mais subira longtemps l’effet de réseau écrasant, qui fait qu’un « YouTubeur » (rien que le nom en dit long) préférera publier là où se trouve l’audience, et que l’audience préférera aller là où se trouvent ses Youtubeurs préférés.

C’est pour ça, mais j’y reviendrai quand je trouverai enfin le temps de parler ici des problèmes de liberté d’expression, que je ne crois hélas pas possible de renverser la table, et que je crois qu’il faut plus que jamais imposer des règles drastiques de respect des droits aux grandes plateformes. J’ai rejoint Qwant avec cette idée que l’on doit faire du web éthique et qu’on peut le faire dans une économie marchande et même sur une plateforme centralisée close-source (je provoque à peine…). Deux ans après je crois plus que jamais avoir fait le bon choix.

Mais cette idée de web éthique — j’aime parler de développement numérique durable — exige d’avoir un cadre juridique qui le rende possible et non d’aller à son encontre. C’est pour ça que je m’oppose avec vigueur à la position de La Quadrature du Net qui, pour défendre une idée politique respectable, en vient à accepter que les plateformes qui ne s’inscriraient pas dans ce projet politique soient soumises à des obligations qui deviendront autant d’entorses dans les droits et libertés des internautes qui les utilisent.

C’est ce débat-là qui se joue actuellement sur le Web français, et je dois dire que c’est le débat le plus intéressant qu’on ait eu entre nous depuis de très nombreuses années (je crois que ce n’était pas arrivé depuis les débats sur la LCEN avec la ligue Odebi, déjà sur cette question de la responsabilité des hébergeurs, où à l’époque c’était à front renversé puisque je trouvais la loi LCEN équilibrée alors qu’Odebi la combattait vigoureusement).

Mise à jour 9 octobre 17h36 : au moment où j’écrivais ce billet, La Quadrature a publié une tribune dans laquelle elle explicite davantage sa position. Je prends le temps d’en digérer le contenu avant de revenir dessus.

7 thoughts on “Oui, on peut défendre les droits des internautes dans une économie de marché.”

  1. Je crois que nous sommes d’accord sur le problème : la liberté d’expression n’est absolument pas négociable, et chacun doit être libre de choisir la plateforme d’expression de son choix dans l’espace Européen (commerciale publicitaire, commerciale payante en SaaS, auto-hébergée, associative, etc…) sans que cela influe sur les droits qu’il a devant la loi.

    Marchander notre liberté au nom d’une idéologie ne devrait même pas être acceptable, c’est une ligne rouge importante qui a été franchie, et personne ne sait vers quoi elle mène.

  2. Bonsoir Guillaume,

    Merci pour ce billet et comme tu le dis, le point positif est que nous pouvons enfin rouvrir des débats sur le fond qui méritent d’être creusés.

    Je ne vais pas répondre en détail à ton texte. A chacun de se faire une opinion en allant lire les différentes positions.

    Mais je voudrais relever deux points qui sont inexacts.

    1) Je n’ai jamais écrit nulle part que je croyais que « les libertés individuelles ne peuvent être garanties que dans un cadre non marchand ». C’est même un contresens majeur que de ne me faire dire cela…

    Pour preuve la fin du billet sur Solid sur lequel tu t’appuies dans ce billet :

    « Tim Berners-Lee paraît de ce point de vue assez représentatif de certaines errances de la pensée du Libre et de l’Open. Cela tient à ce que j’appelle « l’agnosticisme économique » de ce courant de pensée, qui n’a jamais été capable de pousser jusqu’au bout sa critique de l’économie de marché. Le temps des synergies décrites initialement comme « heureuses » entre Open Source et entreprises paraît à présent bien loin et ce n’est plus uniquement sur la couche technique des standards qu’il faut agir pour espérer une refondation d’internet. C’est à mon sens à présent du côté des réflexions sur la convergence entre les Communs numériques et l’économie solidaire qu’il faut se tourner pour trouver des modèles qui – tout en s’inscrivant dans la sphère économique – pensent d’emblée la limitation de la lucrativité et le réencastrement des acteurs de marché dans des finalités sociales. »

    Je n’appelle pas à « sortir de l’économie » ou à renoncer à tout modèle marchand, mais à réfléchir aux nouvelles connexions à construire entre les Communs numériques et l’économie solidaire. C’est exactement ce qu’a fait Framasoft par exemple avec son programme sur les CHATONS qui accepte en son sein des entités économique, mais à la condition de respecter des conditions définies dans une charte (et le « S » veut dire solidaire). C’est également ce que prône le mouvement dit du « coopérativisme de plateformes » qui cherche des convergences entre le numérique et les formes coopératives : http://www.makery.info/2016/11/30/cooperativisme-de-plateforme-une-alternative-a-luberisation/ C’est aussi ce à quoi appelle Michel Bauwens quand il propose de fonder une économie des communs sur des « coopératives ouvertes » (Open Cooperativism) : https://primer.commonstransition.org/1-short-articles/1-5-what-is-open-cooperativism

    Je ferai remarquer au passage que c’est précisément un des points qui m’ont valu d’avoir un affrontement assez avec le Comité invisible l’an dernier, car je critiquai leur appel à « sortir de l’économie » en expliquant qu’il était au contraire vital de ne pas abandonner le champ de l’économie aux puissances actuelles du marché.

    Mais le fait même que tu me fasses dire que je refuserai toute forme marchande est assez significatif et révélateur d’une certaine idéologie qui doit à mon avis être questionnée. Car ce que tu sous-entend, c’est qu’il ne peut exister qu’une seule économie et que l’économie solidaire par exemple serait une « non-économie » parce qu’elle refuse de jouer les règles du capitalisme et qu’elle cherche à réencastrer les acteurs économiques et le marché dans des finalités sociales.

    Donc oui forcément, sur de telles bases, nous allons avoir du mal à être d’accord, car c’est typiquement ce « réductionnisme » que je rejette et je trouve dommage – sinon grave – de voir quelqu’un comme toi se laisser prendre à ce type de piège…

    2) Tu me prêtes un pouvoir d’influence sur la Quadrature du Net que je n’ai absolument pas. J’ai quitté le bureau de la structure depuis trois ans et je suis redevenu un simple membre de l’association qui en compte à présent plus d’une trentaine. La discussion sur l’opportunité de créer un troisième statut pour les intermédiaires techniques est ancienne à la Quadrature. Elle date de 2015 et nous avions alors déjà publié des textes à propos de ce que nous appelions à l’époque un statut « d’afficheur » https://www.laquadrature.net/fr/node/9522 (précision faite pour répondre à ce qui « s’étonnent » que la Quadrature ait changé sa position alors que c’est complètement faux…).

    Les débats de doctrine à la Quadrature sont tranchées par des discussions collectives et c’est bien l’ensemble du groupe qui portent les positions que nous avons publiées récemment. Il se trouve simplement que sur les questions de Copyright, c’est un peu plus ma pomme qui est envoyée dans les médias…

    Par ailleurs, il faut faire aussi la distinction entre ce que je publie sur mon blog et ce qui se publie chez La Quadrature. Mon blog est un espace de réflexion strictement personnel où je dis ce que je veux. Un de mes derniers billets sur la directive Copyright a été republié sur le site de la Quadrature, mais il est bien indiqué comme ayant le statut de « tribune » et ce n’est donc pas le reflet direct de la position de l’association.

    Tu constateras d’ailleurs que le dernier texte sur la responsabilité des intermédiaires (tribune là aussi, signée par Arthur Messaud) n’est pas exactement dans la même tonalité https://www.laquadrature.net/fr/neutralite_geants

    C’est cette diversité de points de vue qui fait aujourd’hui la force de La Quadrature du Net et c’est ce que nous disons d’ailleurs à propos de notre dernière AG où nous avons renforcé la collégialité de l’association https://www.laquadrature.net/fr/AG2

    Donc merci de tenir compte de ces éléments et, si possible, de ne pas caricaturer mes positions, ni véhiculer des choses qui sont fausses à propos du fonctionnement de LQDN.

    PS : et quand tu veux pour un débat public sur ces sujets.

  3. J’ai beau ne pas apprécier les dérives de l’économie de marché, je n’envisage pas pour autant une seconde de (ré-)essayer à grande échelle ses « alternatives ». Elle ne marche pas si mal, elle me nourrit, indirectement… Lâcher cette grasse proie pour l’ombre… Pas enthousiasmant.

    Il faut certainement plus de régulation, notamment contre la concentration, sinon inéluctable, mais je ne suis donc absolument pas convaincu que le combat pour les libertés numériques passe par un choix de modèle économique. Tout comme toi, les cheveux blancs m’ont fait perdre mes certitudes en la matière.

    Cette ambition englobante que tu décris m’inquiète de longue date, parce qu’elle est porteuse de division des quelques troupes disponibles pour défendre les libertés numériques. Je sais que nous sommes en désaccord sur ce point, mais je n’ai pas, par exemple, de pb fondamental avec Google. Je me suis découvert proche de Toomas Ilves, l’ancien président de l’Estonie, qui parle de société « post-privacy ». La transparence dans l’utilisation des données, la protection de leur intégrité qui permet ensuite d’appliquer effectivement des règles de consentement selon la finalité me semblent bien plus porteuses de progrès dans notre société. Partant de là, utiliser son moteur de recherche ou certaines de ses technos ne me cause pas de maux de têtes. Je ne comprends par contre pas, depuis l’origine, comment on peut utiliser un compte gmail… Et je comprends encore moins ceux qui l’utilisent ET se plaignent de voir leurs mails analysés…
    Mais, bref. Combattre le filtrage avec Google, oui. Avec Facebook, oui. Taper sur Google quand il fait le vilain contre ses concurrents, oui. C’est un autre sujet. Taper sur Facebook quand il viole notre consentement et fournit, par exemple, nos numéros de téléphone de contact à des tiers, oui. Mais nier l’apport de ces deux géants que je prends en exemple à notre monde numérique actuel, non.

    Un monde numérique meilleur se construira par l’éducation, par la capacitation. Par le soutien au développement de véritables alternatives plus éthiques – longue vie à Qwant dont pour moi le principal mérite est d’être français, et en convainquant que ces alternatives sont meilleures. Par l’interdiction des pratiques les plus toxiques ou dangereuses. Les autres méthodes m’inquiètent.

    PS : on ne se moque pas de mon pauvre vieux blog en jachère. 🙂

    1. Salut Ludovic, heureux de te voir ici. En effet on est pas tout à fait d’accord sur Google, mais surtout parce qu’à mes yeux, si tant est qu’on accepte cette société « post-privacy » (j’espère pas, mais admettons), il est indispensable d’y insérer les mécanismes démocratiques qui font que c’est collectivement que nous déciderons de ce qui peut être fait ou non de nos données. Sinon le consentement, individualisé, n’a aucun poids et une réalité très relative quand c’est ça ou être exclu de la plateforme.
      PS : jamais de moquerie!

  4. « car qui irait acheter une boîte pour tuer ce qui fait sa puissance ? »

    Pourtant les exemples foisonnent… On peut en prendre un plus récent et plus proche de nous: MySQL racheté par Oracle. C’est exactement une tentative de cet ordre.

    « Mais j’ai perdu depuis longtemps cette foi dans l’humanité. Je suis devenu très pragmatique. »

    C’est aussi ce qui est employé par les « écologistes compatibles avec le capitalisme » depuis longtemps avec le succès que l’on sait. C’est finalement une vision très pessimiste et Hobbesienne.

    Ce sont il me semble ce genre de croyances qui font que vous présentez un dédain difficilement caché des argumentaires de calimaq (à l’échelle individuelle) et qui font que le status quo se maintient avec une grande efficacité (à l’échelle collective).

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